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IA-t-il de quoi virer fou?

L’IA est partout. Avant de se lancer il faut d’abord se demander quoi en faire

Je me suis inscrite à une formation en ligne de la Rotman School of Management de l’Université de Toronto, portant sur l’IA générative et agentique en contexte d’affaires. Officiellement, le programme est présenté comme une expérience virtuelle intensive de six semaines, à raison d’environ 4 à 6 heures par semaine. Mais dans les faits, avec les séances, les lectures, les travaux et le rythme imposé, j’ai plutôt l’impression d’embarquer dans un tunnel de sept semaines. Car autour de ce cours, y’a aussi les engagements professionnels et académiques, les petites-filles, les cocos de Pâques et j’en passe.  Mais bon, c’est mon choix et j’assume. 

La cohorte actuelle compte près de 300 participants. On y croise surtout des profils d’Amérique du Nord, mais aussi d’Europe et d’Asie. Et, à voir les années d’expérience et les fonctions occupées, plusieurs évoluent dans les hautes sphères de grandes organisations. Je l’avoue : dans ce portrait je me sens un peu, disons, en décalage… 

Ce que je retiens du premier module, c’est une idée bien simple mais structurante : l’IA n’a pas de valeur en soi. Elle crée de la valeur seulement lorsqu’elle est rattachée à un vrai besoin organisationnel, à un objectif clair et à des résultats mesurables. Le cours insiste d’ailleurs sur ce point : sans indicateurs précis, sans intégration aux processus et sans réflexion sur les risques, l’IA reste surtout une promesse bien emballée. 

Autre rappel utile : on parle trop souvent de l’IA comme d’un tout homogène. Or, il faut distinguer l’IA prédictive, l’IA générative, l’automatisation et l’IA agentique. L’une sert à prévoir, l’autre à créer, une autre à exécuter. Et si on choisit (ou recommande dans mon cas) le mauvais type d’IA pour le mauvais problème, on risque surtout de perdre du temps, de l’argent… et un peu de crédibilité. Le module le dit très clairement : mal arrimer l’IA à l’objectif d’affaires mène à l’échec. 

Ce premier bloc était animé par Vikesh Koul, pas un « deux de pique » quand même. Il travaille chez Booking.com et possède une expérience en science des données dans les secteurs du commerce de détail, de la finance et du voyage. Il a notamment participé au déploiement de Snowflake Intelligence dans sa stratégie d’affaires chez Booking.com. Disons qu’il ne parle pas de l’IA seulement en théorie.

Au fond, c’est exactement ce que je viens chercher dans cette formation : une compréhension plus ancrée et plus nuancée de l’IA, que je pourrai ensuite transmettre à mon tour dans mes propres cours. Avec tous les « spécialistes de l’IA » qui émergent en ce moment, on ne sait plus à quel saint se vouer. J’avais envier d’essayer d’y voir plus clair, au-delà du bruit, du jargon, des génies du prompt et des promesses un peu trop faciles. Bref, moins de magie, plus de méthode. 

Et pour près de 3 000 $, j’espère que le jeu en vaudra la chandelle

Nathalie Brunette, DBA, MBA
Consultante en stratégie d’affaires
Chargée de cours à l’UQO

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