Pardonnez-moi, je vous ai ciblés

Depuis 2011, j’ai dû investir près de 100 000 $ en diverses campagnes publicitaires sur Facebook pour mes clients. Alors oui, je vous ai ciblés. En fonction de votre âge, de votre langue, de votre statut social, de votre éducation, des artistes que vous aimez, parce que vous vous intéressez à l’horticulture, à l’aviation ou au ski de fond, que vous êtes un adepte de poutine, de musique country ou que vous êtes politiquement engagés. J’ai lancé des campagnes dans un rayon aussi petit qu’un kilomètre d’une adresse visée, pour rejoindre les gens vivant autour d’un évènement avec un message personnalisé, qui ne s’adressait qu’à eux.

Pas même besoin de recourir aux données obtenues de façon obscure par des firmes ou des applications tierces… Déjà, le Gestionnaire de publicités de Facebook permet de vous cibler en toute légitimité! Se basant sur votre comportement sur la plate-forme (les choses que vous avez « likées », publiées, commentées ou partagées) et grâce à ses algorithmes de plus en plus complexes, FB arrive à savoir exactement et précisément ce que vous aimez ou pas, ce qui vous intéresse ou pas, et met cette science au profit des organisations et des entreprises en échange de $ d’investissements publicitaires. C’est ça, le modèle d’affaires de Facebook. No money, no candy…

J’ai depuis longtemps réalisé à quel point Facebook est un outil marketing exceptionnel, qui m’a rendu de fiers services et que j’ai largement exploité pour la bonne cause. À titre d’exemple, lancer une campagne de promotion de la langue française dans un marché majoritairement anglophone, ça générait parfois des commentaires désobligeants de personnes qui se sentaient non concernées… Avec Facebook, je pouvais cibler directement les francophones en milieu minoritaire, en plus d’engager, de recruter des fans et des influenceurs qui partageaient mes publications.

Mais en même temps, je frissonnais en sachant que cette plate-forme avait le potentiel de devenir une arme redoutable pour qui cherche à faire passer un message dont la nature soit douteuse, haineuse ou trompeuse (Fake News). Sans compter cette fermeture d’esprit favorisée par Facebook, qui conforte les gens dans leur propre opinion en martelant sur leur mur des messages reflétant seulement leurs intérêts et leur façon de penser, comme si rien d’autre n’existait.

Facebook a fait le choix, dès ses tout débuts, d’offrir sa plate-forme gratuitement, et dans la vie, malheureusement, il n’y a pas grand-chose de gratuit… Pour une meilleure éthique et un contrôle accru de l’usage des données, Facebook aurait toujours l’option de mettre ses algorithmes à la poubelle, de ne plus offrir sa plate-forme aux annonceurs et de transférer la facture aux utilisateurs. Et pour les entreprises et organisations, la solution viserait simplement… à développer du contenu plus intéressant.

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